dimanche 18 février 2018

Nicaragua - Nord-est du pays

De retour de Cuba, nous passons 3 jours au Costa Rica avant de rejoindre le Nicaragua en bus.
Dès le passage de la frontière, on voit tout de suite que l’ambiance est bien différente, c’est plus animé (certains diraient que c’est la pagaille).
Notre bus nous emmène dans le Nord du pays, dans la ville de León, nous sommes dans la région la plus chaude du pays et il fait environ 35° au plus chaud de la journée.
Dans la ville de León, nous voyons de beaux bâtiments coloniaux et une superbe galerie d’art dans laquelle il y a des Picasso, Braque... Nous n'avons pas manqué de visiter la cathédrale, classée UNESCO en 2011, nous y avons vu plusieurs mariages (il n'y a pas de souci pour y assister) et avons profité d’une occasion rare, visiter le toit du bâtiment duquel on peut observer la ville ainsi que la chaîne de volcans à l'horizon.

Nous nous sommes bien plus à Hostal El Jardin à León, il y a un jardin, une cuisine commune, un billard, des hamacs. C’était un très bon endroit pour rencontrer d’autres voyageurs.

Pour certaines petites boutiques, il n’est pas possible d’y entrer, le vendeur passe les achats par une petite ouverture dans la grille.

Belle architecture coloniale à León.

La cathédrale de León.

Sur le toit de la cathédrale.

Depuis le toit, on voit la chaîne de volcans, celui de droite est actif et dégage de la fumée.

Le pays est très célèbre pour ses volcans et il y en a plusieurs pas loin de León. Nous montons le volcan Cerro Negro (il faut environ 1 heure) et la redescente s’effectue de manière très originale : sur une planche en bois. Nous avons monté la planche sur notre dos et arrivés en haut nous enfilons la combinaison fournie ainsi que les lunettes de protection. La descente s’effectue en environ 45 secondes en glissant sur la pente recouverte de cendres/roches volcaniques, le guide a dit que j’avais été le plus rapide du groupe avec une vitesse de 65 à 70 km/h !

Voilà toute l’équipe prête pour monter le Cerro Negro, chacun avec sa planche de glisse sur le dos.

Arrivés au sommet, nous contournons le cratère pour aller vers la zone de descente.

Et voilà à quoi ressemble la piste de descente.

Nous avons profité de la proximité de l’océan pour passer 3 jours à Las Peñitas, ici les plages sont de sable noir. Visite aussi de la mangrove et d’un lieu où ils récoltent les œufs de tortue (pondus dans le sable) pour les garder en sécurité et ensuite relâcher les petits au moment de l’éclosion. Nous avons vu des sacs contenant des œufs mais aucun n’était prêt à éclore. Si l’on vient vers août-septembre, il parait qu’il y a plus de 10 000 tortues qui viennent pondre, ce doit être un spectacle fantastique.

Plage de Las Peñitas, avec son sable noir, sur le Pacifique.

Sacs contenant des œufs de tortue, une étiquette indique la date de récolte, le nombre d’œufs et la date prévue d’éclosion.

Retour à León et en route pour notre deuxième volcan, cette fois ce sera au tour du Telica et sur 2 jours. Nous prenons un tour organisé avec Quetzaltrekkers (agence à but non lucratif, les bénéfices vont à l’aide au développement)(de nombreux bénévoles - beaucoup venus de l’étranger - font tourner la ‘boutique’). Donc direction le Telica, nous prenons d’abord un bus local pour rejoindre le début du parcours. Observation de boue bouillonnante (ça chauffe là-dessous). Nous avons choisi de prendre un cheval pour porter nos sacs à dos contenant couchage, nourriture et 8 litres d’eau par personne. Arrêt pour déjeuner dans un village perdu à flanc de volcan. Ensuite on continue à monter (souvent à l’ombre heureusement) et nous arrivons enfin au lieu de bivouac, à quelques centaines de mètres du cratère en activité. Nous montons les tentes, puis allons voir les paysages et le volcan, il sort de ce dernier une épaisse fumée qui nous empêche de voir le fond (la lave en fusion), le spectacle est néanmoins très impressionnant. Ensuite on descend un peu sur le flanc pour voir le coucher de soleil, avec le Pacifique au loin. Après le dîner (cuisiné sur le feu de bois par les guides), il fait nuit et nous retournons au cratère. Nous pouvons apercevoir la lave mais pas énormément (à cause de la fumée).

Nous partons pour le volcan Telica avec un bus local ou ‘chicken bus’ (littéralement 'bus à poulets' car ce genre de bus transporte un peu tout et n’importe quoi - ces bus d'occasion transportaient, dans une vie précédente, les écoliers nord-américains vers leur école).

Boue en ébullition.

Nous voilà au bord du cratère du volcan Telica, il parait qu’il fait 150 mètres de fond.

Le Telica au lever du soleil donne un spectacle magnifique, et on voit d’autres volcans à l’horizon.

Nous nous sommes levés avec l’aube pour admirer le lever de soleil, notamment sur la chaîne de volcans.

Retour en ville, les bus sont souvent bondés et dans celui-là c’est 3 personnes par banquette d’un côté.

Nous continuons plus au Nord pour rejoindre Esteli. Depuis cette ville, nous allons visiter le canyon de Somoto, tout près de la frontière avec le Honduras. C’est aussi depuis Esteli que nous partons visiter la réserve de Miraflor. C’est une zone plus en altitude où il y a de la forêt, des cultures diverses, du bétail. Nous passons 2 nuits dans 2 villages, chez l’habitant, une expérience intéressante. Nous pouvons voir le traitement des grains de café (le Nicaragua est un important producteur de café).

La ville d’Esteli compte de nombreuses fresques.

Canyon de Somoto.

Pour notre première nuit dans la réserve de Miraflor, nous logeons chez Don Carlos, qui est venu nous chercher avec son cheval. Il prend notre gros sac à dos et nous marchons à côté. Il y a pas mal de forêt et de la brume, nous sommes en altitude et les vestes sont de rigueur.

Il y a une forte montée et il a plu, du coup le bus patine sur la boue, voilà qu’ils mettent les chaînes. Là nous partons pour notre deuxième nuit dans la réserve, dans un autre village.

Une fois les grains cueillis, ils sont passés dans cette machine, cela sépare les grains de leur coque.

Belles couleurs au coucher du soleil dans la réserve de Miraflor.

Vers Esteli, nous allons également dans la réserve de Tisey. Ici, un homme (Don Alberto) sculpte les rochers de sa propriété depuis plus de 40 ans, ici on voit tout un ‘mur’ de roches avec diverses sculptures.

Là ils chargent du bois sur le toit du bus, les passagers attendent bien patiemment que l’opération soit terminée.

Sculptures dans un parc à Matagalpa, et les chevaux c'est pour y mettre des enfants dessus pour les prendre en photo.

A côté de la ville de Muy Muy, nous séjournons dans une ferme produisant du café bio (El Escondido). Notre petit chalet est en pleine forêt et on peut entendre les singes hurleurs. On peut aussi y observer de nombreuses espèces d'oiseaux. Là on peut voir des plants de café, plantés entre les grands arbres (les caféiers aiment pousser à l'ombre).

mercredi 24 janvier 2018

Cuba - Un retour dans le temps


Les vieilles voitures américaines, les cigares, la salsa, Fidel Castro..., tout le monde a forcément des images qui lui viennent à l’esprit lorsqu’on évoque ce pays.


Ah les vieilles américaines, ce n’est vraiment pas une légende, il y en a plein et partout, en ville, à la campagne, de toutes sortes de modèles, de toutes les couleurs. Elles servent surtout de taxis, parfois collectifs. C’est vrai qu’elles apportent un charme fou au pays mais il ne faut pas être trop regardant concernant les émanations sortant de leurs pots d’échappement !
Les cigares, oui ils en fabriquent en quantité mais ils ne sont pas fumés de manière très courante ; on voit quand même des hommes - et aussi des femmes - en fumer dans la rue.
Notre arrivée dans le pays se fait à La Havane, la capitale, où il y a peu de circulation et beaucoup de verdure. Le soir, les rues sont peu éclairées mais on ne ressent aucune insécurité. Se promener dans la vieille ville de La Havane est un vrai bonheur, c’est totalement chargé d’histoire, certaines zones ont été bien restaurées mais d’autres sont encore dans un état de délabrement avancé (mais quand même habitées).

Le Malecon, long de 8 km, est le célèbre boulevard de bord de mer de La Havane

Le grand cimetière de La Havane est classé monument historique et se visite, il compte bon nombre de monuments funéraires de taille impressionnante

Le Capitole de La Havane est copié sur celui de Washington mais il est plus haut et bien plus détaillé que son homologue états-unien

Quartier populaire

Sculpture dans la rue, l’art est ici très présent ; le gourvernement soutient les activités culturelles et sportives

Cour intérieure d’une belle demeure coloniale

On peut voir un arbre qui pousse sur un mur, eh oui vous avez forcément d’abord jeté un regard sur la Buick rose décapotable

La cathédrale San Cristobal de La Habana date du XVIIIème siècle

Rue restaurée et piétonne, très agréable

Il y a de très nombreuses galeries d’art dans cette capitale

Pharmacie historique, toujours en fonctionnement

On trouve un peu partout ces guichets vendant de la nourriture, celui-ci vend des pizzas, un seul choix : pizza au fromage pour 25 CUP soit 0,8 euro


Pas chère la pizza mais pas super non plus (ce genre de stand est destiné surtout aux locaux) et il ne faudrait pas croire que Cuba est bon marché, c’est même l’opposé qui est vrai. Alors que le salaire mensuel d’un fonctionnaire est d’environ 25 euros par mois, une nuit chez l’habitant (moins cher qu’un hôtel) coûte presque ce prix. Pas facile de comprendre le fonctionnement du système. Avec ce salaire très bas, les gens ont accès aux produits de base à des prix super réduits (mais en quantité limitée), les produits de base incluent bien sûr certains aliments mais aussi le savon, les cigarettes, le gaz pour la cuisine... Très souvent, les cubains doivent faire la queue, on a pu lire que pour préparer notre petit déjeuner, il peut arriver que l’hôte de maison a passé 3 heures pour trouver les ingrédients. Car tout n’est pas vendu au même endroit, il y a même plein d’endroits qui vendent chacun un nombre limité de choses : riz, sel, sucre et autres aliments de base à un endroit, il faut aller ailleurs pour le pain (un seul choix), ailleurs pour la viande, ailleurs pour le gaz, ailleurs pour les légumes (les fruits ne sont pas forcément au même endroit).
Les gens viennent avec un carnet pour acheter ce à quoi ils ont droit. Puis il y a de petites supérettes où les gens trouveront un choix limité de produits à prix nettement plus élevé (parfois plus cher qu’en France), mais dans ces supérettes pas de pain, pas de fruits ni de légumes, nous avons dû aller dans 3 ou 4 de ces supérettes notre premier jour dans la capitale pour trouver de l’eau (eau du robinet non potable). Oui, il faut un temps d’adaptation. Il faut aussi s’adapter au système des 2 monnaies (les CUP destinés aux cubains mais que les touristes peuvent utiliser et les CUC destinés aux touristes mais que les cubains doivent se procurer s’ils veulent des produits sortant de l’ordinaire mais qu’ils devront payer au prix fort).

Dans l’une des ‘boutiques’ destinées aux habitants, voilà l’endroit où il y a les produits rationnés à prix très bas

Juste à côté, dans la même boutique, des produits en vente ‘libre’, s’il vous plait pas de remarque sur le choix disponible ; les prix sont encore bas ; pour avoir davantage, il faut aller dans un ‘supermarché’...

...comme celui-ci

Une autre allée. Je vous entends jusqu’ici vous plaindre du choix, ne seriez-vous pas des ‘enfants gâtés’ ? Cela ne peut que faire réfléchir au système politique en vigueur dans le pays


Un système politique qui interdit aux gens d’acheter une voiture neuve, ils doivent acheter des voitures d’occasion (anciennes voitures de location). Tout le monde ne peut pas acheter une voiture (même d’occasion), il faut être taxi, et le prix des voitures est exorbitant. L’un de nos taxis était une 309 de 28 ans, dans un état de délabrement avancé (véhicule que l’on aurait pu qualifier de cercueil déguisé en voiture). Son chauffeur nous a dit qu’il l’avait payée 25 000 euros (en plus des 12 000 dollars payés pour obtenir le droit d’acheter une voiture), alors que nous aurions traité de voleur quelqu’un qui nous aurait vendu la même voiture en France pour 1 000 euros ! Incroyable n’est-ce pas ? Et les vieilles américaines sont encore plus chères.
Pour Internet ce n’est pas la joie du tout. Le visiteur n’a pas le droit d’acheter de carte SIM, aucun endroit où nous avons séjourné n’avait le Wifi (Internet commence tout juste à arriver dans les foyers). Pour se connecter, il faut acheter une carte Wifi (nous avons attendu une heure dans la capitale pour obtenir cette carte dans une boutique de l’opérateur national). Et pour utiliser cette carte Wifi il faut aller dans la rue à un point Wifi (souvent dans les parcs), pas évident lorsqu’il pleut, qu’il fait froid ou que le soleil brille et rend difficile la lecture de l’écran. Et pour trouver les points Wifi, il faut chercher des attroupements de personnes assises sur des bancs (ou sur les trottoirs) ou debout et avec le regard sur leur smartphone.
Le système semble basé sur la pénurie, comme l’illustre par exemple le faible nombre de bus dans la capitale (ce qui fait que les rares bus sont souvent bondés). En région, on voit régulièrement au bord des routes des personnes qui cherchent à prendre un transport (le plus souvent taxi collectif ou peut-être voiture s’improvisant taxi), ces personnes lèvent la main et montrent aux chauffeurs qui passent un ou plusieurs billets de banque, signifiant leur désir de payer le transport. Là aussi pénurie de moyens de transport.
Bon assez parlé des inconvénients (après tout nous ne restons que quelques semaines, les cubains eux doivent subir ce système en permanence). Le système empêche l’implantation de chaînes internationales, aucun Mc Do par exemple. Pas de grandes publicités dans les rues et au bord des routes, c’est ‘reposant’. Du fait du peu de véhicules, l’ambiance est très paisible. On ne voit pour ainsi dire aucun chantier ou employé en train d’entretenir les routes ou les infrastructures, les choses restent en l’état.
Nous avons séjourné dans l’écovillage de Las Terrazas, un lieu où un groupe a décidé il y a 50 ans de reforester toute une région. Ensuite direction Viñales, un grand village à proximité de superbes formations rocheuses et de champs de tabac.
Après l’Ouest, nous avons pris la direction de l’Est pour aller visiter Cienfuegos puis Trinidad. Cienfuegos est surnommée ‘La perle du Sud’, elle a longtemps séduit les voyageurs pour son élégance, son esprit ‘français’ et son panache caribéen. C’est une des villes les plus récentes de Cuba, sa création remonte à 1819. Trinidad (ville coloniale espagnole classée par l’Unesco) comporte des rues pavées et bon nombre de bâtiments coloniaux.

Nous avons dormi dans un logement très original à Las Terrazas

Promenade à cheval au milieu des champs de tabac à Viñales, mon cheval s’appelait Negrito

C’est très plaisant de séjourner chez l’habitant (casa particular), nous sommes toujours très bien accueillis et les repas sont généralement bien plus copieux qu’au restaurant (ce repas nous a coûté environ 10 euros pour 2)

Petit stand en bord de route, nous avons trouvé qu’il n’y avait pas beaucoup d’endroits pour acheter des fruits, mais avons appris que la production a été réduite du fait d’un cyclône ayant touché l’île il y a quelques mois

Séchage du tabac

Les champs à Viñales sont le plus souvent labourés avec des bœufs

On l’appelle l’arbuste à coton-tige

Taxi collectif (de marque Chevrolet)

Un escalier parfaitement aux normes, enfin...pas sûr

Taxis hippomobiles à Cienfuegos (ils n’ont pas le droit d’aller dans toutes les rues)

Réunion politique (ou de quartier) dans la rue

Palais de style arabe du début du XXème siècle (à Cienfuegos)

Vous avez vu un chien rose ? je vous conseille d’arrêter de fumer la moquette immédiatement

Trinidad, petite ville très plaisante et tranquille

Trinidad, place devant l’église

Scène de rue à Trinidad

Nous sommes de retour à La Havane, en marchant nous passons juste à côté de salles de classe ouvertes sur la rue

La dame à l’étage vend quelque chose, le monsieur dans la rue met le paiement dans un sac au bout d’une corde et reçoit son produit en retour. Je suis allé voir ce que c’était : un cachet bleu, et voilà que le monsieur me fait un signe d’érection. Tiens je remarque qu’il fume le cigare

Il y a beaucoup de sculptures dans les rues de La Havane

A toute heure, il y a des orchestres qui jouent à La Havane


Nous sommes contents d’avoir visité ce pays à nulle autre pareil mais aussi contents de le quitter. Nous avons vraiment apprécié les séjours chez l’habitant, le côté paisible de la vie, même en ville, le sentiment de sécurité (sauf peut-être dans les voitures en piteux état). Côté nourriture, ce n'est pas folichon du tout. Globalement c'est un pays cher où l'on n'en a pas pour son argent !