mardi 30 juin 2015

Iran – Objectif Persepolis

Après encore quelques dizaines de kilomètres de zone désertique, me voici arrivé dans la ville de Yazd. Ici, il fait vraiment très chaud (42°) et on se sent transporté dans le temps avec toute cette architecture en briques de terre crue et enduits terre-paille, c’est vraiment très beau et chaleureux.
Ce qui caractérise les toits ici, ce sont les badgirs (ou tours de vent), des genres de cheminées qui captent le vent et le font entrer dans les bâtiments pour le rafraîchir. Ce n’est malheureusement plus trop intégré dans les maisons modernes qui préfèrent les climatisations gourmandes en énergie à la différence des badgirs qui n’en consomment aucune une fois leur construction terminée.
Les maisons récentes ont également la caractéristique d’utiliser des matériaux et techniques modernes qui donnent un résultat catastrophique en terme de confort d’été (et sûrement d’hiver également) alors que les murs épais en terre crue procurent un grand confort thermique. L’habitat en terre crue connaît un regain d’intérêt dans les pays occidentaux mais cela ne semble décidément pas être le cas ici.
À Yazd, je loge au Silk road hotel, un bâtiment traditionnel avec cour intérieure très agréable et très beau. C’est un excellent lieu de rencontre entre voyageurs, il y en a qui viennent d’Europe en moto et d’autres en camping-car.
Le 18 juin commence le ramadan, il paraît que seulement un cinquième des gens le respectent, mangeant et buvant ‘secrètement’ à la maison pendant la journée.
Après Yazd, je me dirige vers la ville de Shiraz où je vais pouvoir aller visiter le site de Persépolis, assurément l’un des points culminants de tout voyage en Iran.
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Yazd, on voit ici 2 badgirs.

Mosquée à Yazd.

Architecture traditionnelle, voiture de fabrication iranienne et poster de je ne sais qui.

Il y a de très nombreuses ruelles comme celle-là dans la vieille ville de Yazd.

Par endroits, les constructions en terre s’écroulent, le résultat sûrement d’un manque d’entretien pour des bâtiments vieux parfois de plusieurs siècles et peut-être même millénaires car cette ville serait selon l’UNESCO l’une des plus anciennes au monde (environ 5000 ans).

Lariha house à Yazd.

Réservoir d’eau doté lui aussi de badgirs.

À Yazd, je loge au Silk road hotel. Ces motards ont assurément dû faire un beau voyage eux aussi. Derrière ce mur ‘ordinaire’, une belle demeure traditionnelle avec ...

…cour intérieure, arbres et plan d’eau.

Yazd.

Yazd, temple zoroastrien.

Yazd. Le soir venu, l’éclairage met en valeur ces édifices.

À Mehriz, fabrication du pain chez mon hôte warmshowers.

Cuisson du pain.

Bâtiment au cœur du Jardin du paradis à Shiraz.

Site de Persépolis, qui était une capitale de l’empire perse achéménide. Sa construction a commencé en 521 av. J.-C. et la ville a été partiellement détruite en 331 av. J.-C. par Alexandre le Grand (quel dommage !!!).

Persépolis.

Persépolis, un des éléments de support de la charpente installés en haut des colonnes.

Persépolis, à gauche un texte rédigé en écriture cunéiforme.

Persépolis, des sculptures de toute beauté.

Persépolis, des murs entiers de sculptures.

Naqsh-e Rostam, des tombeaux de rois taillés dans la falaise.

mardi 16 juin 2015

Iran – Toujours plus au Sud

Après Kashan, me voilà en route pour Ispahan, un nom qui fait fonctionner l'imaginaire, n'est-ce pas ?
Cette ville séduit immédiatement avec ses avenues bordées d’innombrables arbres (par endroits, on dirait que la rue s’enfonce dans un sous-bois !). La ville compte bon nombre de superbes monuments, des jardins, de jolis ponts anciens enjambant une rivière dans laquelle l’eau est rare.
C’est à Ispahan que je m’occupe de renouveler mon visa iranien, la durée initiale de 30 jours se terminant bientôt.
À Ispahan, je suis hébergé dans le luxueux appartement des parents de Soroush, membre warmshowers habitant en Malaisie et en visite en Iran pour quelques mois, un soir nous partons pique-niquer au bord de la rivière, vers 22h il fait encore 30°, une bonne dizaine d’amis de la famille sont là, l’occasion de goûter des spécialités iraniennes car bien sûr chacun a amené quelque chose à manger. Peu avant minuit, je suis invité par l’un de ces amis à visiter le RDC de sa maison toute proche ou il a accumulé de nombreux objets anciens, je suis impressionné. Ce soir-là, mon hôte et sa mère sont allés à un concert de musique pop avant le pique-nique. 3 femmes vérifiaient la bonne tenue vestimentaire des femmes qui venaient assister au concert. Et, durant le concert, plusieurs dizaines d’agents d’un service spécial sont venus s’installer en bout des rangées de sièges pour vérifier qu’il n’y avait pas de comportement inapproprié, par exemple il ne faut pas taper dans les mains en mettant les mains au-dessus de la tête (devant le buste c'est accepté), il ne faut pas non plus se mettre à danser.
Globalement les iraniens sont exaspérés par les interdictions dans ce pays, il est interdit de boire de l’alcool, interdit d’avoir une antenne satellite pour la télévision (mais nombreux sont ceux qui en possèdent), les femmes doivent porter le foulard, se couvrir la nuque, les bras et les jambes et aussi avoir un haut qui couvre les fesses (quel calvaire ce doit être, notamment lorsqu'il fait plus de 40°). L’Internet est contrôlé (certains sites sont bloqués mais pas forcément partout, certaines fonctionnalités de sites sont opérationnelles à un endroit mais pas à un autre), par exemple Facebook est bloqué même si parait-il 80% des iraniens ont un compte, ils utilisent pour cela un logiciel spécial (interdit). L’accès à mon blog est bloqué, j’ai donc utilisé un de ces logiciels qui en plus ralentit l’utilisation, en tout cas sachez que je n’ai pas ménagé mes efforts et mon temps pour vous délivrer ces reportages sur l’Iran (J'en profite pour dire à ceux et celles qui n'ont pas donné de nouvelles depuis des mois, voire des années, que cela me/nous ferait plaisir d'en avoir).

Une des rues ombragées d’Ispahan.

Une porte ancienne joliment gravée.

Place Naghsh-e Jahan à Ispahan.

Place Naghsh-e Jahan à Ispahan.

Palais Ali Qapu à Ispahan, notez les grandes colonnes en bois.

L’intérieur de ce palais est richement décoré.

Peinture murale dans le palais Kakh-e Chehel Sotun.

Un des ponts d’Ispahan.

Un caravansérail ‘découvert’ par hasard depuis la route.

Pas un arbre pour offrir un peu d’ombre, il faut donc continuer malgré la chaleur approchant les 40°. Malgré le panneau, je n’ai pas vu de chameau.

Cela n’a pas été une mince affaire pour rejoindre ce temple zoroastrien, il m’a fallu traverser un bout de désert puis monter dans la montagne mais j’ai été récompensé par…

…des paysages sublimes, une ambiance de bout du monde et on m’a aussi offert le thé et à manger lorsque je suis arrivé.

Zoroastre a fondé la première religion monothéiste plus d’un millénaire avant J.-C. Avant l’arrivée de l’islam, le zoroastrisme était la religion des perses.

Après la visite du temple, je dois continuer à monter, monter et monter pour atteindre ma prochaine escale, la route est quasiment déserte et les paysages désertiques d’altitude traversés sont de toute beauté.

Je ne me suis pas lassé de ces paysages.

lundi 15 juin 2015

Iran – Direction le centre du pays

Pas toujours facile de trouver des petites routes mais lorsque j’en trouve, la récompense est là : peu de circulation, des paysages généralement plus beaux et aussi une ambiance nettement plus plaisante.
Je descends tranquillement des montagnes du Kurdistan et me dirige plein Est vers la ville de Qom, deuxième plus importante ville sainte d’Iran. Je m’y trouve au moment même d'une grande fête religieuse, à cette occasion des stands sont installés et on y distribue gratuitement boissons et nourriture, les boissons sont même distribuées sur la route aux passagers des voitures qui circulent.
À Qom, je suis accueilli par un membre du réseau warmshowers, son village est à 17 km et il a décidé que nous logerions la première nuit chez un de ses amis habitant Qom. Ce n’est jamais un problème d’héberger des personnes à l’improviste car généralement les appartements sont très grands en Iran, le couchage s’effectue au sol et un gros stock de couvertures est toujours disponible. Il se trouve que cet ami en question, en plus de son travail ‘normal’, exerce les fonctions de mollah, il écrit des livres sur l’islam, fait des émissions de radio ; un peu dans l’expectative concernant cette rencontre, il se trouve que cet homme m’a d’une part très bien accueilli bien que je ne sois pas musulman et d’autre part a fait preuve d’une grande ouverture d’esprit, il a même émis des critiques ouvertes vis-à-vis de la politique et des interdits existant en Iran.
Après Qom, je me rends dans la ville de Kashan, la météo annonçant des températures dans les 40° je décide de partir très tôt, je profite ainsi de jolis éclairages sur les montagnes et d’une grande tranquillité. L’architecture a bien changé depuis les montagnes.

Une super descente m’attend entre ces collines.

Pour prendre un peu de repos, j’ai pris le bus, notez le vélo sur le toit. J’ai été invité à m’asseoir tout devant et ai ainsi profité des paysages.

Vue du ‘plafond’ d’un mausolée dans la ville de Hamedan.

Problème dans la ville d’Arak, je suis invité à 2 endroits différents le même jour (le 2ème ne comprenant pas au téléphone que je lui disais que j’avais déjà une invitation). Finalement j’ai dîné dans une famille et ai dormi chez une autre. Samira (photo) m’a cuisiné de bonnes choses, elle a notamment fait une ratatouille dont elle a trouvé la recette sur Internet. Elle a aussi voulu m’offrir ce tableau qu’elle a peint mais je lui expliqué que je ne pouvais pas l’emmener sur mon vélo.

Sous l’arbre, une famille est en train de pique-niquer, juste à côté de la voie rapide ! (ce n’est pas rare de voir les iraniens choisir ce genre d’emplacement)

Il y a bien du monde à la mosquée Jamkaran de Qom à l’occasion de la fête religieuse, des centaines de tapis sont disposés au sol.

Un autre lieu saint à Qom.

Bien content de trouver ces bars à jus alors que la température est d’environ 40°.

Distribution de citronnade, également aux voitures (à droite).

Une tempête de sable/poussière vue à travers un pare-brise archi-sale.

Ce jour-là je prends la route à 5h49 pour éviter les grosses chaleurs.

À Kashan. Il parait que l’architecte s’est inspiré du Taj Mahal indien.

Le village historique d’Abyaneh à plus de 2000 mètres d’altitude.

Ma chambre à Kashan dans un bâtiment traditionnel.

La cour intérieure du guest-house est un lieu paisible.