vendredi 11 août 2017

Kirghistan - Au pays des yourtes, des chevaux et des lacs


Quel changement dès le passage de la frontière.
C’est le retour des plaines herbacées (cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu d’herbe). C’est aussi le retour des arbres (qui sont absents en haute altitude).
Des prairies à perte de vue accueillent yourtes, chevaux, vaches, ânes, moutons, yaks. C’est incroyable l’effet ‘richesse’ que peut créer ce plateau herbacé.
Ne pas oublier de se retourner pour admirer ces immenses chaînes de montagne aux sommets couverts de neige, c’est époustouflant de beauté et de majesté.
Première nuit dans le pays à Sary Tash, le guest-house offre une vue inoubliable sur les montagnes.
Coup de chance : avec mon compagnon de voyage depuis quelques jours (Thierry, un français qui pédale de Valence à Singapour), nous apprenons qu’a lieu le lendemain un festival du yak et du cheval à une soixantaine de km. Nous sommes là juste à temps et il se trouve qu’un couple de Suisses ayant loué une voiture peut nous emmener pour la journée. L’affaire est vite conclue. Le lendemain, nous voilà partis à 5 (la cinquième personne étant un voyageur anglais) pour assister à la troisième édition de ce festival. Tout d’abord 30 km de bonne route (jusqu’à Sary Mogul) puis 30 km sur des pistes (où nous nous perdons un peu car il n’y a pas de panneau indicateur et la piste se divise). Devant nous le pic Lénine, majestueux, qui culmine à plus de 7000 m et bien sûr est couvert de neige. Nous n'arrêtons pas de nous en approcher mais vu sa hauteur, la progression paraît lente.
Enfin nous arrivons sur le site du festival, de bonne heure. Le paysage est à couper le souffle. En plus du pic, nous sommes entourés de collines arrondies et verdoyantes entre lesquelles s'est formé un lac dont la couleur de l’eau fait penser à un lagon tropical.
Le festival commence par des danses, de la musique et des ‘jeux’ entre humains : bras de fer, l’équivalent avec les jambes, tir à la corde... Pour le déjeuner (inclus dans le prix du billet), tout le monde mange en même temps, soit à table, soit au sol. C’est très bien organisé et on a le choix entre 3 plats (il y a même un choix végétarien, ce qui n’est pas une évidence dans ce pays de carnivores). L’après-midi est consacré aux jeux avec les animaux. Parmi les activités : lutte entre 2 hommes assis chacun sur un yak, même chose mais cette fois sur un cheval, un jeu consistant pour un cavalier sur un cheval au galop à attraper une pièce de monnaie nouée dans un mouchoir posé au sol, et un jeu de ‘football’ où les 5 cavaliers de chaque équipe s’emploient à ‘marquer des buts’, le ballon étant remplacé par une chèvre à laquelle ont été enlevés la tête et les sabots !
Ce fût assurément une journée inoubliable, dans un cadre hors pair.
Pour rejoindre Osh, deuxième ville du pays, nous ferons le trajet en deux étapes (une de 114 km et une de 88) en passant par 2 cols successifs (3550 et 3615 m). Dans la ville étape de Gulcha, le seul hôtel (où nous logeons) a un problème : il n’y a pas d’eau. Les WC seront donc des latrines au fond de la cour et la douche une cabine, également au fond de la cour, au-dessus de laquelle est installé un bidon d’eau équipé d'une pomme de douche.
L’arrivée à Osh marque pour moi la fin de ce périple à vélo. Nous nous installons dans un bel hôtel avec piscine, climatisation, copieux buffet de petit-déjeuner. J'ai tellement accumulé de fatigue pendant cette traversée des hautes montagnes que je passe presque tout mon temps dans la chambre à me reposer, pendant 5 jours. C’est en taxi partagé que je rejoins Bishkek, la capitale, où je passerai une durée similaire à continuer de me reposer. C’est de cette ville qu’un avion de la compagnie Pegasus me ramènera à Bâle début août.
2 jours avant mon vol, alors que j’étais assis sur un banc dans un parc, voilà qu’un jeune (un local) m’aborde et discute avec moi. Je suis amené à lui expliquer que je prends l’avion deux jours plus tard, il me dit alors qu’il veut bien m’emmener à l’aéroport. Je lui explique que je partirai vers 2 heures du matin pour un décollage à 5h35. Il me dit que ça ne lui pose pas de problème (alors qu’il travaille la journée), je suis un peu sceptique mais retiens son invitation. Il me demande juste une participation aux frais d’essence (la moitié du prix d’un taxi). Le lendemain, donc la veille du vol, je prends quand même soin de confirmer qu’il viendra bien. La nuit suivante, à l’heure prévue, mon gars est présent devant mon guest-house avec son 4x4 Lexus. Trajet sans souci jusqu’à l’aéroport, il prend même soin de venir avec moi dans l’aéroport pour m’aider à finir l’emballage des sacoches et du vélo (que je fais au dernier moment pour répartir le poids en fonction de ce qui est autorisé pour chaque type de bagage). Mon séjour en Asie centrale se termine donc par une belle expérience.
Pour sûr, ce périple dans les hautes montagnes (et les contrées désertiques surchauffées) restera un point culminant de mes voyages à vélo.

La chaîne de sommets couverts de neige s’étendra grandement à mesure que l’on s’en éloigne, laissant apparaître un panorama très vaste

De l’herbe, des yourtes et beaucoup de bétail dans des plaines s’étendant à perte de vue. Il s’en dégage une grande sérénité

Les chevaux, tout comme les autres animaux, évoluent librement. Le cycliste, c’est Thierry, mon compagnon de voyage depuis quelques jours

Depuis le guest-house, on a une vue sur cette magnifique chaîne de montagnes, offrant des couleurs superbes au coucher et au lever du soleil

Nous approchons du site du festival

Petit lac à côté du site du festival

Et voilà le site du festival, tout simplement grandiose, avec le pic Lénine qui domine

On croise des véhicules d’une époque révolue

Lutte sur des yaks

Dans ce jeu, des cavaliers sur un cheval au galop doivent attraper une pièce de monnaie nouée dans un mouchoir posé au sol

’Football’ sans ballon mais avec un cadavre de chèvre

Les pyramides sur le toit, ce sont des bouses qui sèchent, elles serviront de combustible

Troupeau de yaks

Ce jour-là, 2 cols au programme, un à 3550 et un autre à 3615 mètres

Les troupeaux à flanc de montagne créent des figures géométriques en évolution permanente, je ne me lasse pas de les regarder

Après avoir monté et monté, la récompense : une descente d’environ 90 km

Après les paysages très ‘minéraux’, ça fait du bien de voir toute cette herbe et le retour des arbres

Le faciès des kirghiz est bien différent de celui des tadjiks

Voyant des cyclistes arriver, les enfants se dépêchent de venir à notre rencontre

Dans les différents pays, les mosquées ne se ressemblent pas

Lors de notre arrêt au seul hôtel de Gulcha, il n’y a plus d’eau dans l’établissement ; du coup, pour la douche, c'est dans une arrière-cour sous un seau derrière une bâche

Statue de Lénine à Osh

’Sculpture’ à Bishkek, que je trouve magnifique

Des supports de vélo originaux à Bishkek

jeudi 27 juillet 2017

Tadjikistan - Traversée du Pamir


Voilà le ‘gros morceau’ de ce voyage : la traversée du massif himalayen du Pamir.
Des montagnes qui semblent toucher le ciel, des vallées et gorges très profondes, de nombreux cours d’eau, des neiges éternelles bien sûr, des troupeaux avec leurs bergers, des couleurs, nuances et ombres aux variations infinies ; voilà ce que m’a offert cette région reculée, aux routes (pistes) difficiles.
J’ai eu plaisir à rencontrer le peuple pamiri, très accueillant, qui vit dans des conditions difficiles. L’alimentation est assez peu variée (à ces hautes altitudes les légumes sont rares). J’ai été amené à dormir sous la tente vers 4100 m d’altitude, à franchir des cols à plus de 3000 et même 4000 (le plus haut étant à 4655 mètres, soit seulement 155 mètres en-dessous du Mont Blanc), à dormir avec une famille de bergers venus passer l’été à l’estive avec leurs bêtes (vaches et yaks surtout). Il m’est arrivé de mettre le vélo dans une voiture pour passer des portions particulièrement difficiles. En tout près de 3 semaines assez coupé du monde (Internet quasi inaccessible), j'en ressors avec la tête pleine d'images de montagnes grandioses. Je pourrais ajouter des superlatifs mais je vous propose maintenant quelques photos...

En-dessous de 2000 m, il y a encore des légumes

Les gens de la région sont majoritairement de religion ismaélienne, là ils préparent à manger sur la route pour des célébrations

Ce site recèle une source d’eau chaude avec un bassin, les hommes et les femmes s’y baignent nus, mais pas en même temps

Aperçu de l’Afghanistan

Lavage de tapis sur la route

Intérieur d'une maison traditionnelle pamirie, avec puits de lumière

J’ai passé une nuit chez cette famille

Afghanistan

Les nombreux arbres dans la vallée du Wakhan sont très appréciés

Forteresse de Yumchun, datant du XIIème siècle

Cuisson du pain

Je filtre mon eau de boisson

Les anciens de la maison où j’ai dormi

Des paysages exceptionnellement beaux

De l’autre côté de la rivière (donc en Afghanistan) on peut apercevoir des chameaux de Bactriane

En altitude, j’ai pu voir - et entendre - de nombreuses marmottes

Là, j’ai rejoint la route goudronnée (la M41)

C’est là que j’ai planté la tente vers 4100 m d’altitude, à une centaine de mètres d’un grillage matérialisant la frontière avec la Chine

Passage de mon plus haut col, à 4655 m, après environ 75 km de montée

J’ai passé une nuit dans la maison de gauche, avec une famille de bergers en estive

Voici l’intérieur, le feu dans le fourneau était le bienvenu

Et voici une partie du troupeau de yaks, au centre il y a des petits qui sont couchés

Les toilettes (latrines), pas très confortables surtout lorsqu’on y va le soir et qu’il y a un vent bien froid (nous sommes vers 4100 m). Quant à la salle de bains ou la possibilité de se laver, il ne faut même pas en rêver

Me voilà arrivé au lac de Karakul (à plus de 3600 m d'altitude), d’un bleu magnifique et avec en toile de fond de nombreux sommets enneigés

La photo le rend assez mal mais ce paysage présentait une grande diversité de couleurs, nuances et teintes

mardi 25 juillet 2017

Tadjikistan - De la frontière jusqu’à Khorog


Depuis la frontière, il n’y a qu’une centaine de kilomètres pour rejoindre la capitale, Douchanbé. Dans cette ville, j’ai la chance d’être accueilli chez Véro, légendaire et généreuse membre warmshowers qui accueille tous les cyclistes de passage depuis des années, le premier soir nous étions 9 cyclos et le lendemain 14. C’est un lieu idéal pour se reposer et échanger avec les autres cyclos. Véro nous prodigue de très précieuses informations pour la traversée à venir du massif himalayen du Pamir.
Pour rejoindre Qala-i-khumb, à la frontière avec l’Afghanistan, je fais le choix de la route Nord, un parcours difficile mais avec de très beaux paysages.
Avec l’arrivée à Khorog vient le choix de l’itinéraire pour traverser le Pamir, il y a 3 options possibles : le Bartang au Nord, la M41 goudronnée au centre et la vallée du Wakhan au Sud qui suit la frontière afghane, promet des pistes difficiles mais offre aussi des paysages superbes et un peuple accueillant. Comme presque tous les cyclos, je choisis cette dernière option.

Je tiens aujourd'hui à remercier ceux d'entre vous qui mettent des commentaires sur mes articles de blogue, cela me prend pas mal de temps à préparer ces articles et à les publier.

On trouve un peu partout le long des routes des affiches à l’effigie du président

’Porte’ d’entrée de la capitale Douchanbé, ici c’est l’alphabet cyrillique qui est utilisé

Chez Véro, à Douchanbé, il y a un grand jardin pour planter la tente et une belle terrasse

La station-service est ici constituée d’un camion-citerne

Un âne monté traverse le pont

Les paysages sont très beaux

La semelle d’une de mes chaussures s’est décollée, pas de souci : on a ouvert la quincaillerie pour moi un dimanche après-midi et un homme s’est proposé pour réparer la chaussure avec la colle que je viens d'acheter

Si, si, ce pont complètement déglingué est bel et bien en service. Si les voitures passent, je ne me fais pas de souci pour passer en vélo

Parfois il faut traverser des rivières à gué

Les enfants sont généralement très contents de venir saluer les voyageurs de passage et, chose très heureuse, ils ne viennent pas demander d'argent, de bonbon ou de stylo comme dans certaines régions du monde. La petite fille (qui habite la capitale) parle très bien anglais, elle veut aller étudier aux États-Unis

Les balles de foin sont descendues de la montagne accrochées à un câble, ingénieux !

Je rencontre régulièrement des contrôles de police

Passage d’un col à 3252 mètres, les bergers présents m’ont invité à boire le thé, bien apprécié car il faisait un peu frais avec le ciel couvert

L’âne est beaucoup utilisé par ici

Voici une descente raide d’environ 35 km

Il y a beaucoup de cyclistes qui viennent parcourir cette région

Voici une terrasse du guest-house qui est en surplomb d’une rivière déchainée (qui rafraichit bien l’atmosphère)

Depuis Qala-i-khumb, je vais longer la frontière afghane (matérialisée par la rivière Pyanj) pendant environ 500 km. J’ai eu l’occasion de prendre de nombreuses photos de l’Afghanistan dont je bénéficiais de vues exceptionnelles depuis le côté tadjik

Les paysages sont à couper le souffle

Côté afghan, ils creusent une route dans une falaise verticale, vraiment très impressionnant !

Parfois la rivière s’élargit et son rythme est alors plus calme. Les couleurs, nuances et ombres évoluent au fil des heures, je ne me lasse pas d'admirer ces paysages

Colliers de fruits secs au marché de Khorog

Je retrouve régulièrement ce couple de cyclos allemands depuis l’Iran, là nous sommes dans un homestay à Khorog